COMÉDIE MUSICALE SUR L’ESPACE TEMPS
COMÉDIE MUSICALE SUR L’ESPACE TEMPS
Cette année, c’était les 10 ans de Comme des filles.
C’était aussi mes 40 ans.
Bien que j’aurais aimé, pour une fois, être dans un mood « Je m’en sacre comme dans l’an 40. », ça ne s’est pas passé.
J’ai plutôt écrit un manuscrit sur les morts de la vie courante, qui ne verra pas le jour (pas sous sa forme initiale en tout cas).
À défaut donc d’en faire un livre ou de créer un podcast pour jaser de t’ça, je vous partage à l’écrit quelques extraits de la finale.
Présent : NOUVEAU.RE.NOUVEAU.RE.NOUVEAU
À douze ans, quand on te promet qu’un nouveau show télé sera du jamais vu, tu y crois, parce qu’à douze ans, tu n’as connu qu’une petite partie de la vie et il y a plein de nouveau pour toi dans l’idée qu’une émission présente des personnalités connues qui chantent et dansent avec des juges, des devinettes et de la paillette.
À quarante ans, quand on te promet qu’un nouveau show télé sera du jamais vu, tu es sceptique et tu te demandes en quoi on peut te faire une telle promesse avec un concept qui met en scène du monde qui chantent avec des juges, des devinettes et de la paillette.
Et j’imagine qu’à quatre-vingts, quand on te promet qu’un nouveau show télé sera du jamais vu (si la télé existe encore), tu te dis super ça me rappellera des souvenirs de quand j’avais douze ans pis que je regardais le nouveau show télé qui était du jamais vu pour moi. Je vais mettre ma robe à paillette pis je vais regarder ça tranquille.
Peut-être serait-il plus juste de promettre : « Du jamais vu si vous avez douze ans et moins. » ?
Dans un cours de mon certificat en sexologie, nous avons abordé le concept d’humilité culturelle, et j’ai trouvé que c’était du génie.
Sur Wikipédia, l’humilité culturelle se définit comme suit :
L’humilité culturelle consiste à reconnaître que personne ne peut prétendre tout savoir sur une culture, même s’il appartient à celle-ci, et à accepter l’idée que chaque individu a une compréhension limitée des expériences des autres.
Je me demande donc : pourrions-nous avoir également davantage d’humilité temporelle et penser de façon plus nuancée que nous ne pouvons prétendre tout connaître de l’espace temps,
« Les tempêtes de neige étaient bien pires dans mon temps. »
Je comprends que de déneiger quatre pieds de neige avec une charrette pis des chevaux c’était pas trop d’adon, mais asteure, on n’a même pu de neige à Noël pis moi je pense que je trouve ça pire que les tempêtes de neige de ton temps. Oh! Oups. En fait, je n’ai pas vécu les tempêtes de neige de ton temps parce que je n’étais pas née, alors je ne sais pas ce qui est pire.
« C’était mieux avant parce qu’il n’y avait pas Facebook. »
En effet, Facebook a son lot d’effets néfastes (très néfastes), mais me semble que c’est pratique quand tu écris que tu es à la recherche d’une bébelle bien précise et que quelqu’un te répond : « J’ai ça moi un tronc d’arbre en forme de vagin. » Aussi, une personne qui est née après 2004 ne comprend juste pas ce que tu veux dire par là, de même que les personnes nées après 2012 à peu près, qui sont complètement ailleurs sur les interwebs.
Oui, bien sûr, il y a des inventions qui changent le monde et Facebook a déjà été « du nouveau ».
Mais tsé, Luc De La Rochellière a écrit Cash City en 1990 et, quand je lis les paroles de sa chanson (ou que je la chante au karaoké), j’ai un peu l’impression qu’on a actuellement des préoccupations similaires, mais que le contexte est différent. Ou j’oserais dire, que le contexte est amplifié.
Tout le monde veut que tout le monde l’aime mais personne n’aime tout le monde.
On voit ça tous les jours sur Facebook, Instagram, LinkedIn et etc.
Et ça va sans doute se poursuivre en 2026.
2026 : ON SAIT PAS
« Veux-tu ben m’dire à quoi ça sert à part de t’ça un cours d’histoire? » – Carl Charest
« Ça sert à connaître les erreurs du passé de façon à ne pas les répéter. » – Léo Rivard
Radio Enfer, Épisode 20, Le grand Dérangement (1996)
À l’aube d’une nouvelle année, je me demande si mes ancêtres se disaient eux aussi cette fameuse phrase arc-en-ciel ayant obtenu une grande visibilité en 2020 : ça va bien aller ?
À 40 ans, j’ai un peu eu envie de flusher ça de mon vocabulaire du nouvel an et d’adopter une philosophie toute en nuance de page blanche : on ne sait pas.
On ne sait pas.
Pourquoi?
Parce que la vie est parfois inconfortable. La vie est parfois surprenante. La vie est parfois ironique, comme dans la chanson d’Alanis Morissette.
C’est la vie.
On ne sait pas vraiment ce qu’elle va nous apporter. On s’organise du mieux qu’on peut pour composer avec son ironie et parfois on réussit à faire avec ça de pas pires mélodies.
Rien de nouveau encore une fois. À me lire, on dirait que je reprends la chanson C’est ma vie de Adamo dans mes mots. Lui, né en 1943 et ayant sorti cette chanson en 1975, et moi, née plus de vingt ans plus tard, avons des constatations similaires concernant la vie.
Peut-être que l’idée est de vivre en étant juste assez Goldfish tel que recommandé par Ted Lasso et juste assez Je me souviens tel que recommandé par tous les derrières de chars du Québec ?
- Goldfish pour accoucher plus d’une fois, mais aussi pour arriver à se reconstruire malgré les aléas de la vie.
- Je me souviens pour effectuer cette reconstruction différemment, avec humilité, en tenant compte des expériences passées.
Et même si le monde actuel me semble parfois être un cul-de-sac, je me rassure en relativisant, me rappelant que la vie est un cul-de-sac pour tout le monde. À un moment donné, t’arrives au boutte, et avant d’y arriver, tu meurs et tu renais un peu à quelques reprises.
« La vie n’est pas faite pour mourir. On meurt souvent bien entendu. »
Luc De Larochellière a décidément toute compris de la vie, lui.
Et Hubert Lenoir de rajouter, pour me rassurer peut-être :
« On va tous mourir égaux, je garderai ta photo en souvenir. »
Merci Hubert.
Possiblement qu’un jour, l’humanité aura donc su évoluer et se reconstruire à un point tel que toutes les personnes auront la chance d’arriver au cul-de-sac avec dignité, comme ma grand-mère.
Imaginez, un cul-de-sac avec des arbres et des fleurs, juste assez de soleil, des papillons qui volent, de la crème glacée avec et sans lactose, un bar rempli de choix de boissons diversifiées, une odeur subtile de lavande, de la musique variée (sauf du Metallica), des enfants qui jouent, et des personnes qui vivent d’amour.
C’est mon grand rêve de mort.
Et je ne vous partage pas d’images construites par l’IA pour vous illustrer tout ça.
Par exprès.
Fermez les yeux, utilisez votre propre intelligence et faites jouer la trame sonore que vous voulez. Si c’est du Metallica, je ne vous juge pas.
Joyeuses fêtes.

