L’ÉCHELLE #COMMEDESFILLES

mai 23, 2020
corsaadmin

ÉCHELLE HUMAINE : ce sont les mots que je retiens des commentaires de l’équipe de Comme des filles Productions, quand j’ai demandé c’était comment de travailler avec nous.

Puisque ça fait cinq ans que j’essaie de bâtir quelque chose, qu’il m’arrive d’avoir envie de tout sacrer ça là, que je me questionne constamment sur ce qui s’en vient pour la suite, comment je veux poursuivre, quelles valeurs je souhaite véhiculer, l’année prochaine va tu être meilleure que l’année d’avant, et plus encore, ça fait ben ben chaud au cœur de savoir que mes collègues, mes amis, considèrent que j’ai réussi à créer un environnement de travail à échelle humaine.

Surtout de c’temps-là.

Ce temps-là où l’année prochaine ne va clairement pas être meilleure que l’année d’avant. Même l’année d’après l’année prochaine, fort probablement. On nage dans le néant.

Mais un néant rempli d’humanité, ça me semble un peu moins épeurant. Non?

L’ÉCHELLE HUMAINE.

Celle que tu montes avec quelqu’un qui te donnera la main si tu manques le prochain barreau. Celle où tu vas, toi aussi, tendre la tienne à la personne qui a le vertige en arrière.

Une échelle proche, pleine d’empathie, de respect et de solidarité. Même si tout le monde qui monte ne pense pas exactement pareil.

Hey oui, c’est sûr que, à gang de même, ça avance parfois moins vite.

Ça peut être long de convaincre la personne qui a le vertige de continuer à monter avec toi. C’est ben simple, tu vas devoir aller plus lentement cette journée-là. Tu vas donc monter moins d’échelons. Oh, et il y a moins de cash qui va rentrer aussi, fort probablement.

Mais le jour d’après, quand c’est toi qui vas avoir le pied coincé quelque part (parce que ça va arriver, car dans cette échelle-là, c’est vraiment ben faite, tout le monde est pogné à un moment donné, parce que c’est HUMAIN), au lieu de te pousser, de te regarder en te disant que t’aurais pas dû mettre ton pied là, il y a quelqu’un qui va ralentir et qui va te dépogner.

L’ÉCHELLE HUMAINE.

Celle que le monde a un brin oubliée de nos jours, trop occupé à lever la tête pour admirer la grande échelle, à s’essouffler à vouloir l’escalader, quitte à négliger certaines valeurs, des valeurs d’une importance capitale selon moi.

LA GRANDE ÉCHELLE.

Celle qui nous tombe ben drette dans face en ce moment. Celle qui fait s’écrouler ceux au sommet, et qui écrase même ceux qui tentaient de se bâtir une échelle humaine juste à coté.

À Comme des filles Productions, je ne vous cacherai pas qu’en ces temps historiques, on a mal à la face nous autres avec. Mais sous ce visage amoché se cache encore un peu d’espoir…

Je suis très mauvaise en construction. Je ne suis pas manuelle pour une cenne. Ce qui me console cependant, c’est que dans l’échelle humaine que je travaille à bâtir depuis 5 ans, il y a des personnes extraordinaires de toutes les forces et de tous les talents, qui me permettent d’espérer qu’on va continuer à se tendre la main mutuellement en cette période vertigineuse, pis que l’échelle #commedesfilles va tenir le coup.

Je remercie ces gens du fond du cœur.

Longue vie aux échelles humaines.

J’espère sincèrement que, individuellement et collectivement, nous aurons le courage d’en prioriser la construction et la reconstruction.

Marie-Pier

PS : Avec toutes mes histoires d’échelles, j’espère que vous n’avez pas trop la toune l’Incendie à Rio dans la tête comme moi.

Oups.

Le mal est fait j’imagine.